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GAÉTAN BRODEUR, N.D., S.E.S.

 

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DEUX QUESTIONS :

Quelles qualités sont les plus recherchées chez un naturopathe ?
La profession de naturopathe, est-ce vraiment pour moi ?


Première partie : INTRODUCTION
Deuxième partie : L'ESPRIT DE DÉSINTÉRESSEMENT
Troisième partie : L'ESPRIT DE RIGUEUR
Quatrième partie : L'AMOUR DE LA VÉRITÉ
Cinquième partie : CONCLUSION

Cela tient en bonne partie au contexte sociopolitique actuel de la naturopathie. Mais comme j'ai déjà traité de cet aspect à la première question, je rappellerai ici, sans plus, que la naturopathie au Québec, privée d'encadrement juridique, est galvaudée tant à l'endroit de son titre que de sa pratique. C'est le problème majeur rencontré en naturopathie.

Cela dit, une question de fond peut maintenant s'énoncer ainsi : quelles qualités, chez un naturopathe, contribueraient le plus à donner à la profession ses lettres de noblesse?... Ses connaissances ? Sa bonne foi? Non. Vraiment pas, ou si peu. Évidemment, il faut bien maîtriser les principes de base. Mais pour le reste… ce n'est pas la première chose qu'un naturopathe doit vendre ; c'est plutôt sa probité professionnelle et intellectuelle. C'est la seule chose sur laquelle il a le parfait contrôle, contrairement à ses connaissances. En effet, rien ne dit qu'un jour, les connaissances actuelles ne devront pas être complétées ou remplacées. Par contre, notre intégrité, notre honnêteté intellectuelle, devrait être imperturbable, nous devrions être incorruptibles. En ce qui a trait à la bonne foi, on s'éloigne davantage d'une valeur sûre : un certain auteur l'a très bien exprimé dans une publication scientifique lorsqu'il disait que plusieurs charlatans sont de bonne foi ; comme la plupart des êtres humains, le charlatan surestime son efficacité sur le réel… mais un peu plus.

Donc, la probité professionnelle et intellectuelle est une qualité encore plus importante qu'un large bagage de connaissances ou une convaincante manifestation de bonne foi. C'est elle qui déterminera vraiment le niveau de confiance d'une clientèle. Cette confiance acquise peut faire toute la différence entre une pratique importante ou petite.

Évidemment, et c'est heureux, il ne suffit pas qu'une pratique ou un service public devienne important pour que l'on reconnaisse sa valeur - voire son caractère - professionnelle. Au-delà des confins d'une clientèle établie, reste à gagner la confiance d'autorités compétentes, de personnes influentes, de chefs de file. Ce sont ceux-là mêmes qui font pencher la balance du côté d'une profession libérale notoire, plutôt que celui d'une activité de seconde zone. C'est pourquoi, en dernière analyse, les qualités les plus appréciables en naturopathie dans le contexte actuel, celles qui lui acquièrent la confiance des décideurs de notre société, sont la rigueur d'esprit, l'amour de la vérité et un certain esprit de désintéressement. Qualités nobles, rares, remarquables, il faut dire.

En naturopathie, la primauté de ces trois qualités vaut qu'on s'y attarde quelque peu. Aussi, tour à tour, nous y reviendrons dans les deuxième, troisième, quatrième et cinquième parties.