LE MOT DU VICE-PRÉSIDENT
GAÉTAN BRODEUR, N.D., S.E.S.

 

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TROISIÈME PARTIE

L'ESPRIT DE RIGUEUR

De toutes les conceptions en matière de santé, celle à laquelle conduit la démarche naturopathique, est la plus dépouillée de prestige magique, et, ainsi, sa perspective et son application peuvent être considérées comme vraiment scientifiques. De surcroît, la rigueur d'esprit est une condition sine qua non à laquelle est subordonné l'exercice de la naturopathie. Bien des raisons peuvent être invoquées ici ; en voici trois d'ordre professionnel.

En premier lieu pour des raisons déontologiques. Un membre du Collège des naturopathes du Québec, par respect pour ses collègues, ne peut pas dire n'importe quoi en matière de santé. Se permettre d'affirmer une chose met automatiquement son auteur dans l'obligation d'être en mesure d'en faire la démonstration à la satisfaction des dirigeants de la Corporation (Collège des naturopathes du Québec).

En second lieu, il faut voir comme le sens critique et du discernement est continuellement mis à l'épreuve chez le naturopathe. Pensons seulement à toute l'information qui circule dans le domaine de la santé. Là où certains décrivent du merveilleux, d'autres y décrient l'inutilité. Souvent la vérité se situe quelque part entre les deux, mais, dans bien des cas, il s'agit d'assertions sans contrôle et trop intéressées pour être accueillies de confiance. C'est un défi récurrent en naturopathie que d'y faire la part des choses, de départager le vrai du faux, de discerner l'effet de sa cause. Car, le moins que l'on puisse attendre d'un naturopathe, c'est bien qu'en matière de santé il soit en mesure d'apporter quelques éclaircissements sur ce qui est fondé ou ne l'est pas, sur ce qui est plausible, incomplet, mal compris ou mal interprété. En pareille occurrence, le naturopathe se doit d'avoir des méthodes d'acquisition des connaissances les plus sûres possible.

La troisième raison renforce ce qui précède. L'informatique marque l'avènement d'une nouvelle ère, celle de l'information. Au moment où j'écris ces lignes, on annonce que près de la moitié de la population québécoise serait branchée, et il y a aurait plus de 400 millions d'internautes à travers le monde (selon Sympatico MC de Bell Canada). Et parler de la formidable capacité de traitement de l'information des ordinateurs est aujourd'hui un lieu commun. Les spécialistes aiment bien représenter notre future planète comme un
« village global » qui rétrécit au lessivage technologique. Mais, plus l'information est abondante, n'implique pas que plus elle est qualitative. Voilà le hic. - Cette situation préoccupe de plus en plus le monde de l'éducation ; à tout le moins, suffisamment pour qu'en 1998 l'Université de Sherbrooke inscrive à sa programmation un tout nouveau cours dont le titre est assez évocateur : LA FORMATION DANS L'INFORMATION. - C'est dire que le naturopathe a fort intérêt à bien aiguiser son sens critique et son esprit de discernement. Le doute méthodique cartésien1 est une méthode éprouvée qui, à cette fin, pourrait s'appliquer avantageusement .


1. Le doute méthodique cartésien fera l'objet d'une question prochainement.

Dans le prochain texte, nous traiterons de l'amour de la vérité (Quatrième partie).