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L'AMOUR DE LA VÉRITÉ
Aimer la vérité au point que rien ni personne ne nous y égare, est presque une
utopie. La norme est plutôt la volonté de trouver à toute information un prolongement
ou une confirmation de sa pensée. Même notre propre expérience peut s'avérer une
source d'erreur ; il est très facile de voir de fausses corrélations à partir
de simples coïncidences. Aussi, pour éviter de tomber dans les pièges de l'esprit
partisan ou de l'arbitraire, la vigilance, la discipline de l'esprit, est de rigueur.
Cependant, plus une personne se réalise, plus elle se libère de ses peurs et inquiétudes,
plus elle se soulage du poids de ses remords, plus elle se délivre de ses sentiments
de culpabilité, plus elle s'affranchit du regard d'autrui, bref, plus elle est
en paix avec elle-même, alors moins le recours à la vigilance lui sera nécessaire.
Encore, moins s'entremêleront de parasites émotionnels chez une personne et plus
elle s'empreindra de l'amour de la vérité. Mais qu'est-ce au juste l'amour de
la vérité ? Auparavant nuançons. D'abord la rigueur d'esprit ; cela
consiste en l'intégration d'une conduite méthodique particulière de la pensée
pour connaître le réel. Il s'agit, en fait, d'appliquer systématiquement l'une
ou l'autre de certaines démarches préétablies selon le champ d'investigation.
La méthode scientifique en est un bon exemple. Elle est la démarche la plus facile
et la plus sûre actuellement pour investiguer le monde de l'observable
vérifiable ; aussi est-elle partagée par toutes les sciences empiriques contrôlables.
L'esprit de rigueur a un double impact : de l'intérieur il nous débarrasse des
mythes, conformismes, superstitions et préjugés ; face à l'extérieur, il passe
au crible les informations qui nous parviennent. A l'inverse de l'esprit
de rigueur, l'amour de la vérité est davantage une disposition naturelle, non
volontaire, de l'esprit ; il est tributaire du niveau de sa conscience. Alors
que la rigueur d'esprit permet de faire le ménage des idées, l'amour de la vérité,
elle, pousse notre curiosité à une meilleure compréhension du réel, voire au dépassement
de soi. C'est un amour inconditionnel, un amour désintéressé de la réalité, en
ce sens que la personne désire connaître pour la connaissance pure, indistinctement
des résultats. Cette qualité hors ligne revêt à mes yeux valeur de leitmotiv éthique.
L'amour de la vérité fait reconnaître en matière de santé chez un naturopathe
engagé, une personne de ressources de tout premier plan. En effet, de lui, émane
assurance et quiétude ; de tous, il s'attire confiance et respect. Les organismes
décideurs, les médias, l'érigent en porte-parole crédible et recherché… à l'avantage,
bien entendu, de la cause naturopathique. Sa force, encore une fois, il ne la
doit pas tellement à l'éventail de ses connaissances ; les gens savent pertinemment
qu'il n'affirme rien au hasard et qu'il ne s'affecte pas de montrer son ignorance.
C'est normal puisque l'ignorance anime son esprit ; et apprendre que ce dont il
pensait est faux, est tout aussi important et a autant de valeur à ses yeux que
ce dont il pensait est vrai. L'important pour lui n'est pas d'avoir raison, mais
d'apprendre quelque chose - par amour pour la vérité. Dans le prochain
texte, nous conclurons sur cette importante question des qualités-clés d'un naturopathe
(Cinquième partie).
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