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Le 14 février 2007
IL
FAUT ÉCARTER DE LA NATUROPATHIE LES
ÉLÉMENTS INDÉSIRABLES
Le Collège des Naturopathes
du Québec, face aux autres associations de naturopathie, prône une
politique de vivre et laisser vivre. Mais dans certains cas, le Collège
ne peut pas passer sous silence des agissements qui nuisent aux intérêts
supérieurs de la naturopathie. En novembre 2006, à l'émission
Zone libre, deux membres de l'Association des diplômés en naturopathie
du Québec (A.D.N.Q.), ont été sévèrement dénoncés
pour des pratiques plus que douteuses, relevant carrément du charlatanisme.
En guise de réponse à cette situation, M. Mario Chaput, président
de l'.A.DN.Q., s'est lancé dans une envolée d'affirmations prétentieuses
pour montrer jusqu'à quel point son association est merveilleuse et hautement
qualitative. Il s'appuie notamment sur un organisme qu'il identifie comme étant
la Coalition des gens d'affaire pour la reconnaissance professionnelle de la naturopathie
au Québec. Cette coalitation reconnaîtrait que l'A.D.N.Q. comporte
certaines lacunes, comme toute association, mais que la majorité des bons
naturopthes s'y trouvent et font des pieds et des mains pour faire fleurir la
profession de naturopathe au Québec. Évidemment, dans une
association, certains membres peuvent toujours dévier de la ligne de conduite
établie. Mais ce qui est dommageable pour la naturopathie dans ce cas,
c'est que l'A.D.N.Q. tarde à sévir contre ses deux membres délinquants.
Etant donné que personne, jusqu'à maintenant, n'a pu démontrer
que la dénonciation de Zone libre envers ces deux individus était
fausse et injustifiée, il ne devrait pas être difficile de sévir
contre ces derniers. Un tel laxisme est d'autant plus étonnant
que M. Chaput affirme pompeusement que "l'ADNQ possède un code de
déontologie, un profil de compétences (...) et un comité
d'inspection professionnelle qui vise à sanctioner tout membre dont la
conduite s'écarte du code de déontologie (après enquête
du comité de discipline seulement)." Il faut croire que l'ampleur
de ces documents et la lourdeur de ces organismes exigent beaucoup de temps et
d'efforts avant que l'A.D.N.Q. puisse agir et faire le ménage dans ses
rangs. C'est pourtant ce que certains membres de l'A.D.N.Q. réclament.
A trop vouloir aligner sa démarche et ses actions sur le modèle
qui existe au sein des ordres professionnels, l'ADNQ s'est sclérosée
et est devenue incapable d'intervenir rapidement lorsque vient le temps de discipliner
ses membres. Il faut dire aussi qu'au sein de l'ADNQ, on semble avoir
une notion assez éclectique de la naturopathie. On y intègre des
gens de différentes disciplines et diverses formations : réflexologie,
aromathérapie, polarité, massothérapie, homéopathie,
etc. Dans de telles conditions, il devient plus difficile de bien contrôler
l'activité des membres. A vouloir inclure dans cette association des gens
dont la pratique est très disparate, on risque de perdre le contrôle
sur ceux-ci. Les organismes sérieux de naturopathie ne doivent
pas laisser leurs membres s'impliquer dans toutes sortes d'activités diverses,
et encore moins dans des activités douteuses et plus ou moins frauduleuses.
Une telle situation est inacceptable et doit être dénoncée.
Pour sa part, le Collège des Naturopathes du Québec applique, de
façon diligente et systématique, son code de déontologie.
Le Collège a d'ailleurs clairement défini la pratique de la naturopathie.
Il fait une nette distinction entre la naturopathie, les médecines alternatives
et les techniques complémentaires. D'ailleurs, il utilise une marque de
commerce (l'approche HYGIONOMISTE) pour décrire sa pratique et se distinguer
des formes mal définies de la naturopathie. Ceci permet à la personne
qui consulte un membre du Collège des Naturopathes du Québec de
savoir qu'il s'implique essentiellement dans la gestion des habitudes de vie.
Le Collège surveille attentivement la pratique de ses membres et n'hésite
pas à sévir à chaque fois qu'il y a dérogation à
son code de déontologie. La sanction, dans les cas sérieux, n'est
rien de moins que la radiation. Bien avant de penser à demander
une reconnaissance gouvernementale de la naturopathie, chaque association doit
s'assurer d'écarter de ses rangs les individus indésirables. Avant
de réclamer un statut professionnel, n'est-il pas d'abord normal de se
montrer digne d'un tel statut ? Il incombe aux associations de faire ce travail.
J'invite donc l'A.D.N.Q. à cesser de tergiverser et à faire
le ménage dans ses rangs, surtout pour les cas reliés à des
abus qui ont été publiquement dénoncés. Un tel ménage
s'impose depuis trop longtemps. L'inaction de l'A.D.N.Q. nuit définivement
aux intérêts supérieurs de la naturopathie.
Guy
Bohémier, président du Collège des Naturopathes du Québec
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