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le 4 mars 2008


L'heure juste sur la pratique de la naturopathie au Québec

  1. La naturopathie est-elle reconnue au Québec?
    Non. Au Québec, aucune loi ne reconnaît la naturopathie.
  2. Est-elle reconnue ailleurs?
    Oui, elle l'est dans plusieurs provinces canadiennes, de même que dans un certain nombre d'États américains. Elle est également reconnue dans plusieurs pays au travers le monde.
  3. Si la naturopathie n'est pas reconnue au Québec, sa pratique est-elle illégale?
    Non, car aucune loi ne rend cette pratique illégale. Il faut cependant ajouter ici que la Loi médicale définit la pratique de la médecine d'une façon très large. Elle définit cette pratique comme étant tout acte qui vise à corriger une déficience de la santé chez l'être humain. L'expression déficience de la santé a toujours été interprétée par les tribunaux comme étant synonyme de maladies. Or les naturopathes s'occupent de maladies. Techniquement, ils pourraient donc pratiquer illégalement la médecine. Tout dépend en fait de la décision des médecins.
    La Loi médicale accorde aux médecins le droit de poursuivre individuellement des personnes pour pratique illégale de la médecine, si ces dernières posent des gestes visant à corriger une déficience de la santé chez un être humain. Mais cette Loi n'oblige pas les médecins à intenter de telles poursuites. Les médecins peuvent utiliser ce privilège, mais ils ne sont pas tenus de l'appliquer. Depuis maintenant plusieurs années, les médecins ont renoncé à poursuivre, pour pratique illégale de la médecine, ceux qui soignent des malades. Sauf dans le cas de rares exceptions, ou des gestes vraiment répréhensifs sont posés, les médecins exercent une grande tolérance face aux praticiens des médecines douces ou alternatives.
    Ceci fait que les naturopathes peuvent exercer leur discipline sans vraiment risquer d'être traînés devant les tribunaux et d'avoir à payer des amendes au Collège des médecins du Québec.
  4. La naturopathie sera-t-elle bientôt reconnue au Québec?
    Sans doute qu'elle le sera un jour, alors que sa valeur intrinsèque sera davantage appréciée. Mais certainement pas à court terme. Il existe des instances au Québec qui se sont penchées sur ce qu'il est convenu d'appeler les professions en émergence. La naturopathie et beaucoup d'autres disciplines, sont considérées à ce titre. C'est à l'Office des professions du Québec que le Gouvernement du Québec a confié le soin de s'occuper des professions en général, ce qui inclut les professions en émergence. Cet Office s'est d'ailleurs prononcé sur la question il y a plusieurs années. Il a recommandé au Gouvernement de ne pas reconnaître la naturopathie et d'autres disciplines du genre sous prétexte que leur pratique ne représente pas de danger pour la population. Ceci est vrai notamment pour la naturopathie, la réflexologie et la massothérapie.
  5. Les compagnies d'assurance reconnaissent-elles les naturopathes?
    Le rôle des compagnies d'assurance n'est pas de reconnaître les naturopathes. Mais elles collaborent avec les naturopathes. Et cette collaboration est tout à fait légale. Elles offrent à la population divers services, en retour des primes qu'elles prélèvent auprès de divers groupes d'individus.
    Les compagnies d'assurance étendent d'ailleurs leur collaboration à toutes les associations de naturopathes. C'est une occasion d'affaires pour elles. Que l'association soit incorporée, comme c'est par exemple le cas du Collège des Naturopathes du Québec ou qu'elle soit simplement enregistrée ou déclarée, ceci n'a pas d'importance pour ces compagnies.
  6. Tous les naturopathes peuvent donc émettre des reçus pour fin d'assurance?
    Oui, s'ils font partie d'une association naturopathique. Ils émettent de tels reçus auprès des patients qui sont assurés. Ces derniers peuvent alors être remboursés pour leurs frais de consultation.
    Il convient de se méfier des associations naturopathiques qui prétendent être les seules à pouvoir émettre des reçus pour fins d'assurance. C'est un mensonge que certains véhiculent à l'occasion. Les membres du Collège des Naturopathes du Québec peuvent donc émettre de tels reçus, comme tous les naturopathes, membres des autres associations naturopathiques.
  7. Le Collège des Naturopathes du Québec reconnaît-il tous les gradués des différentes écoles de naturopathie?
    Non. Chaque école a sa propre conception de la naturopathie. Les programmes d'enseignement de cette discipline divergent donc considérablement les uns des autres. Le programme de l'Institut de formation naturopathique est reconnu par le Collège des Naturopathes du Québec. Il est basé sur l'approche HYGIONOMISTE®. Tous les gradués de l'Institut peuvent devenir membre du Collège. Les gradués des autres écoles doivent démontrer qu'ils maîtrisent l'approche HYGIONOMISTE® avant d'être acceptés au sein du Collège. Ils peuvent alors être soumis à certains examens ou à des cours de recyclage.
  8. L'ANAQ jouit-elle d'un statut particulier au Québec en matière de reconnaissance?
    Non. Il s'agit d'une association comme toutes les autres. Elle n'est pas plus officiellement reconnue que n'importe quelle autre association naturopathique. Si l'on parle ici de l'ANAQ c'est qu'elle a la réputation d'être la plus tapageuse et la plus prétentieuse de toutes les associations naturopathiques. L'ANAQ est en fait l'Association des naturopathes agréés du Québec. Cette association vient de se donner ce nouveau nom. Elle s'appelait jadis l'ADNQ (Association des diplômés en naturopathie du Québec). Leurs membres n'utilisent plus les lettres n.d. pour s'identifier, mais les lettres ND.A. Le mot " agréés " dans le nom de l'ANAQ pourrait donner l'impression d'une reconnaissance particulière mais il n'en est rien.
    Sur Internet, dans le texte d'introduction de l'ANAQ, on peut lire ce qui suit : " Ce récent changement de nom reflète l'état de nos démarches auprès de l'Office des profession du Québec. " Ce texte est techniquement correct. L'ANAQ a sans doute fait diverses démarches auprès de l'Office. Tout le monde peut faire de telles démarches. Mais en se référant ainsi à l'Office des professions, l'ANAQ pourrait laisser entendre que la reconnaissance professionnelle de la naturopathie est chose faite ou encore sur le point de l'être, alors qu'il n'en est strictement rien. Ceux qui lisent trop rapidement ou trop distraitement peuvent donc être assez facilement induits en erreur. Évidemment, s'ils portaient plus d'attention à ce qu'ils lisent, cette fausse impression ne pourrait pas être dégagée. Les consommateurs de soins naturopathiques ne doivent pas se laisser prendre au piège de tels propos plus ou moins astucieux qui pourraient viser à semer une certaine confusion. Il faut bien reconnaître ici que cette référence à l'Office des professions est gratuite et injustifiée dans le cas du changement de nom de l'ADNQ.
    Le Collège des Naturopathes du Québec a demandé, dans le passé, à l'Office des profession du Québec de proposer la reconnaissance de la naturopathie, bien avant que l'ANAQ (ou l'ADNQ) ait été fondée. En fait, le Collège a maintenant 45 ans. Il a en effet été incorporé en 1963. Il s'agit du plus vieil organisme de naturopathie au Québec. Dans le contexte actuel, le Collège comprend que l'Office des professions n'ait pas l'intention de recommander au Gouvernement de reconnaître la naturopathie. À l'époque où le Collège des médecins poursuivait devant les tribunaux, avec un certain acharnement, des praticiens des médecines douces, la reconnaissance officielle de la naturopathie aurait pu mettre un terme à cette douteuse activité des médecins. Mais maintenant que le Collège des médecins a renoncé à cette pratique, les naturopathes peuvent exercer librement leur profession. La reconnaissance de la naturopathie n'est plus aussi pertinente.
  9. Quelle est la politique du Collège des Naturopathes du Québec face aux autres associations naturopathiques?
    Le Collège des Naturopathes du Québec applique une politique de vivre et de laisser vivre envers toutes les associations naturopathiques. La seule intervention que le Collège s'est permis de faire publiquement a été de demander à l'ADNQ de sévir contre deux de ses membres qui ont fait l'objet d'une dénonciation à l'émissions Zone libre de Radio-Canada en novembre 2006. Ces deux individus ont été sévèrement dénoncés à cette émission, sans que l'ADNQ ne se porte à leur défense. Le Collège n'a pas eu d'autre choix que de conclure que ces individus étaient possiblement en faute et qu'ils devaient être radiés puisqu'ils portaient ombrage à toute la profession naturopathique. Lorsque des naturopathes sont ainsi dénoncés à la télévision, la population ne se demande pas toujours à quelle association ils appartiennent. Le discrédit risque donc d'être jeté sur toute la profession naturopathique en général. Il est alors important que les associations sévissent contre leurs membres indésirables pour montrer clairement à la population qu'elles n'endossent pas de telles pratiques.
    Cette demande a été faite par le Collège au nom des intérêts supérieurs de la naturopathie. Les deux membres délinquants de l'ADNQ sont demeurés inscrits au registre de cette association durant de nombreux mois après avoir été dénoncés par Zone libre. Ce n'est que récemment, avec l'adoption du nouveau nom de l'ADNQ (l'ANAQ) que les noms de ces deux naturopathes ont été enlevés de la liste officielle de cet organisme, sans qu'aucune explication ne soit cependant donnée. On peut donc supposer que ces deux membres ont tout simplement démissionnés de l'association, avant que celle-ci ne prononce leur radiation. Mais le public n'a jamais été informé de quoique ce soit à ce sujet!

On peut se renseigner sur cette affaire en lisant le texte intitulé "Il faut écarter de la naturopathie les éléments indésirables ".

Guy Bohémier, président du Collège des Naturopathes du Québec

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